Portrait de Mme Cathérine Nzuzi wa Mbombo (Par R. SUMBULA Giwangwa)

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Brève présentation

Née le 19 Décembre 1944 à Tshumbe Sainte Marie, dans l’actuelle province du Sankuru. Nzuzi wa Mbombo est veuve de Feu Madimba Symphorien. Elle a fait ses études primaires et secondaires au Kasaï et à cette époque les colonisateurs n’avaient pas mis l’accent sur l’enseignement universitaire en faveur des jeunes filles. Nous nous limitions à l’enseignement secondaire, dit-elle.

Elle est mère de 6 enfants. Tous sont actifs dans divers secteurs de la vie nationale après des brillantes études effectuées dans les universités anglo-saxonnes au Canada et aux États-Unis, notamment la Georges Town University, où l’une de mes filles a terminé sa maîtrise en droit.

De sa carrière politique

Elle hérite ses atouts en politique de son défunt père comme elle le dit lui-même : « elle ma carrière politique a commencé à l’ombre de mon père qui fut autant un modèle qu’une source d’inspiration ». En effet, mon défunt père fut un leader politique d’avant l’indépendance. Il avait occupé les fonctions de bourgmestre de la Ndesha (une des communes célèbres de la ville de Kananga), à la suite des premières élections locales organisées par le pouvoir colonial en 1958. Ces élections s’étaient tenues dans quelques provinces du Congo, à savoir, la Ville Province de Léopoldville aujourd’hui Kinshasa, la Province du Katanga à Elisabethville, aujourd’hui Lubumbashi, et la Province de Luluabourg aujourd’hui Kasai Central. Sa carrière politique s’est poursuivie après l’indépendance comme sénateur.

Selon Mme Nzuzi, il y a une part du destin dans son engagement politique. Elle commence son apprentissage politique par la création en 1965 avec d’autres femmes, une Association des femmes dénommée « Union des femmes congolaises » (UFC) dont l’objectif était la lutte pour l’émancipation des femmes. Elle assume au sein de cette structure les fonctions de Secrétaire générale. Vu l’adhésion massive des femmes à cette association et le travail de conscientisation qui fut fait, « j’ai pris conscience de mon destin ». Cependant, l’UFC lui révélé son chemin : celui de servir et de créer pour les autres, les conditions idéales de l’épanouissement.

En 1965, lorsque le Président Mobutu accéda au pouvoir, il a fait de l’émancipation de la femme un objectif prioritaire car la gestion du pays, disait-il, avait besoin des efforts des hommes et des femmes. Une année plus tard, soit en 1966, elle adhère au parti politique MPR. Ainsi, dès sa création en 1967, elle fut nommée avec sept autres femmes, présidente sectionnaire du MPR et bourgmestre de la commune de Léopoldville aujourd’hui Gombe. C’est le point de départ de sa carrière politique et administrative qui évoluera comme suit :

En 1967, elle est nommée par une ordonnance présidentielle bourgmestre de la commune de la Gombe (ex-Léopoldville). Elle est nommée en 1970 commissaire urbain (vice-gouverneur) de la ville de Kinshasa. Deux ans plus tard, Mme Nzuzi wa Mbombo est nommée gouverneur de la province du Congo Central. Elle fait son entrée au Comité central du MPR/parti-Etat, le 2 septembre 1980, avant d’être portée aux fonctions de 2ème vice-président du bureau du Comité central.

Le 29 janvier 1985, elle est nommée membre du Bureau politique du MPR et en 1986, à la tête de la ville province de Kinshasa tout en demeurant membre du Comité central et du Bureau politique du MPR.
En 2004, à la faveur du dialogue inter congolais à Sun city en Afrique du Sud, je deviens ministre de la Solidarité et des affaires humanitaires. De 1995 à 2010, elle est présidente nationale du MPR/Fait-privé. Actuellement, elle est une personnalité politique indépendante et membre de la plate-forme opposition politique.

Mme Nzuzi wa Mbombo se porte candidate aux élections présidentielles de 2006, ayant dans ses convictions que ce scrutin était une opportunité de démontrer son engagement de mettre en pratique son projet de société forgé tout au long de ma carrière politique. Cependant, ces élections vont se dérouler dans une ambiance d’extrême violence et les résultats ne refléterons aucunement les poids réels des forces en présence ni la vérité des urnes, affirme-t-elle.

Après sa démission volontaire de la présidence du MPR / Fait-Privé, elle se consacre à des activités commerciales, en tant qu’opératrice économique active et présidente directrice générale des sociétés. Toutefois, elle continue à jouer un rôle politique à travers des prises de position sur des questions majeures d’actualité politique et sociale. Vu son expérience de plusieurs années en politique, elle participe aux forums, colloques et séminaires organisés par diverses institutions dont notamment les universités, les ONG internationales comme Konrad Adenauer, etc.

Elle estime qu’après une telle carrière, qu’il est un devoir pour elle de se me mettre à la disposition de son pays pour apporter sa contribution dans le débat, pour partager mon expérience et se rendre utile vis-à-vis de ses compatriotes.

Nzuzi wa Mbombo est convaincue que son expérience et son expertise des plusieurs années en politique peut aider tant soit peu à résoudre certaines crises qui pointent à l’horizon. Aussi, considère-t-elle, qu’en acceptant de répondre à l’appel du Président Mobutu pour les associer avec les autres femmes à la gestion de la res publica, elle n’avait pas le choix que de bien faire son travail, précisant même d’un travail bien accompli. La seule chose qui n’est pas un regret mais que qu’elle pas obtenu ni par nomination ni par la voie des élections, c’est la « Primature ».

Message de Nzuzi wa Mbombo aux électeurs

Au départ, elle n’a pas un ordre à donner aux électeurs car chacun ayant sa propre conviction selon qu’il est membre d’un parti politique ou simple citoyen. Toutefois, précise-t-elle, que depuis un temps l’acte de vote a perdu tout son sens. Il y a des gens qui votent en fonction des tribus, clans, provinces, et d’autres à coup de boissons, T-Shirt, l’argent et autre clientélisme au détriment de la raison, alors que le vote est avant tout un acte de haute portée politique. Il s’agit là de l’avenir de tout un pays et de tout un peuple.
Aussi, elle propose aux Congolais d’user de toute leur liberté en votant parmi plusieurs candidats celui qui a le bon projet de société et qui permettra à la RDC d’aller de l’avant. Il s’agira donc d’avoir les meilleurs dirigeants à tous les niveaux de responsabilité de notre grand pays, le seul que nous avons, j’ai cité la République Démocratique du Congo.

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